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Poésie, pensées, nouvelles...

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Les nouvelles...

Et dans ses yeux brûlés de larmes brillait la lueur déjà trop ancienne d’une douleur qui n’était pas de son âge. Et de sa voix trop grave, déjà gâtée par trop de larmes, reflétait une asphyxie, comme un étouffement, qui emplissait son esprit et dévorait son âme. « Peut être que cela fait trop mal » avait il seulement dit. Et, dans ces quelques mots, elle avait compris à quel point elle seule le maintenait en vie, au moment où toute pensée agréable semblait l’avoir déserté. Et elle n’avait compris à ce moment-là qu’il se débattait avec ses sentiments, ses tourments, depuis si longtemps déjà, si longtemps qu’il ne se rappelait plus avoir jamais été heureux, et les seuls bons souvenirs qui lui restaient se retrouvaient gâtés par ses pensées moroses. Et, pensait-il, elle était partie. Celle qui, un temps seulement, l’avait aidé à repousser le voile de souffrance qui l’oppressait en permanence, l’avait abandonné, et le voile qu’elle n’avait pas réussi à faire disparaître était retombé. Tout était revenu, mais il n’avait plus ni la force ni l’espoir qui autrefois l’avaient soutenu. Le voile s’était fait de plus en plus lourd. Ç’avait été comme un coup de grâce.
Au milieu des ténèbres de son cœur, il était tombé.

Dans un petit village isolé, un jeune garçon regarde une dernière fois l’horizon. Sur le rebord de la falaise qui surplombe l’océan, il regarde sa dernière demeure, et il dédie son geste à elle. A son souvenir…

Très loin de là, sur un petit hors-bord, un photographe fixe son objectif sur un morceau si particulier de la côte. Alors qu’il s’apprête à photographier un étrange rocher en forme de cœur, un détail l’arrête. Une forme se tient debout, à côté du rocher. En faisant un zoom, on peut distinguer un adolescent au teint terreux, aux joues striées de larmes, qui, la main posé sur le rocher posé sur la falaise comme un cœur arraché, regarde au loin, comme s’il cherchait quelque chose dans les vagues. Comme s’il cherchait quelqu’un… Alors, le garçon se laisse tomber. Il écarte un instant les bras, et au lieu d’un corps désarticulé on croit voir un oiseau, un grand oiseau majestueux, aigle sérieux qui se laisse griser par le vent. Puis l’oiseau tombe avec grâce dans les vagues, et il redevient un adolescent torturé à l’esprit amer. Enfin il est en paix. Surpris, le photographe a enclenché son appareil.

« On apprend la mort d’un jeune garçon, dira la journaliste. Toutes les conclusions attestent le suicide, il se serait jeté du haut de la Pointe du Cœur. Son geste aurait été causé par un simple chagrin d’amour… »
Passera ensuite la photographie d’un étrange rocher, ressemblant à s’y méprendre à un cœur arraché gisant sur une falaise. Il y aurait un corps juste en dessous, déjà dans le vide. Le cliché montrera un oiseau, un grand oiseau majestueux qui, enfin, est heureux.
Sur la photo suivante, on verra l’enfant brisé tomber dans l’écume. Et il n’y aura personne pour se rappeler que la mousse blanche n’est autre que le corps de sirènes déchues. S’en seraient-ils rappelé, d’ailleurs, que cela n’aurait rien changé à leurs yeux…

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